Buzzati, Le Désert des Tartares

Publié le par Mister Formidable

   Langue d’origine : Italien

 

   Résumé :

   Le lieutenant Drogo vient d’être affecté pour son premier emploi à la défense d’une garnison isolée dans une contrée désertique. Cette forteresse a été construite là pour contrer l’attaque des Tartares, habitant du désert du même lieu. Même si les soldats passent leur temps à attendre, Drogo, après avoir voulu partir de la forteresse, se rend compte qu’il peut avoir la gloire ici. Or aura-t-il la gloire ou passera t-il sa vie à seulement attendre ?

 

   Critique :                                                                                                                                                    Note : 10/10

   Ce roman est un coup de poing. Je m’y attendais avec Dino Buzzati : Dino Buzzati sait écrire, il sait passionner son lecteur, et c’est pour moi le meilleur nouvelliste avec Maupassant (chacun ses gouts après…). Vous allez croire que je n’aime que les livres faciles à lire, mais c’est faux. C’est juste que les auteurs qui savent être simples, tout en étant originaux, qui savent être accessible à tous tout en étant de bons auteurs, ont beaucoup de mérite. Pour moi, ce sont peut-être les plus grands. J’aime bien rentrer facilement dans ce que je lis, pouvoir vivre avec ce que je lis. Et quand l’auteur arrive à communiquer les sentiments, pas seulement de joie et de tristesse, mais d’ennui, de crainte, de désespoir, j’aime davantage ce livre qu’un autre.

   Ce que j’ai ressenti en lisant ce livre, c’est une angoisse très forte. Ce roman n’est pas un roman sur une forteresse à défendre, je n’aurai pas osé en parler. C’est un roman sur la vie, sur ce que la vie peu nous offrir de gloire, mais également ce qu’elle ne peut pas nous offrir. Le lieutenant Drogo passe sa vie à désirer la gloire, à désirer participer à la grande bataille contre les Tartares. Mais aura-t-il cette gloire ? C’est en quelque sorte nos certitudes que Buzzati combat. Comment peut-on être sur qu’on réussira. Et si la vie était trop courte (je sais, c’est déprimant, et je m’excuse d’avance auprès de ceux dont j’ai plombé la journée) ? Cette angoisse de l’existence, Buzzati la communique très facilement. Je ne sais pas comment il fait, il doit avoir un don. En tout, cas c’est certain, Buzzati est un des plus grands auteurs.

     En plus, il a la faculté d’être bizarre, de jouer avec l’étrange. Par exemple la forteresse. Elle est là, elle a été construite pour parer l’attaque des Tartares. Mais on ne sait pas s’ils existent, ces Tartares. Alors on se demande dans les premiers chapitres ce que fait la forteresse ici. En plus, les personnages semblent condamnés à défendre la forteresse. Le lieutenant Drogo veut partir, mais il ne peut pas, mais quand il peut enfin partir, et ben il décide de rester. Enfin, et je pense que ceux qui ont lu le roman seront d’accord avec moi : qu’est ce que le désert des Tartares ? Où se trouve t-il ? Déjà, la description du désert est saisissante, comme s’il était vide. J’ai vu dans ce désert une allégorie de l’existence (analyse qui a eu le don de me faire déprimer). En plus, on se demande en lisant le roman où il peut bien se trouver ? C’est un désert inventé, on est d’accord. Mais où Buzzati le situe ? En Italie (là où il n’y a pas de désert) ? Je n’ai pas de réponse, peut-être suis-je passé à côté de la réponse (vous ne savez pas à quel point je suis tête en l’air par fois ^^). Mais voilà, en tout cas, il est bizarre, ce désert (d’après mon prof de géo, Buzzati s’est inspiré du désert de  Thar en Inde).

    Lisez le ce roman. Il ne faut pas avoir peur de déprimer. Peut-être que ce n’est que moi,  je déprime pour un rien ^^ C’est un super roman, et il serait dommage de passer à côté.

 

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Publié dans Littérature

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