Fénelon, Télémaque

Publié le par Mister Formidable

   Résumé :

   Télémaque est le fils d’Ulysse. Ulysse est perdu en mer, Télémaque part en mer pour le retrouver, accompagné de Mentor (qui en réalité est la déesse Minerve). Ils vivront plein d’aventures.

 

   Critique :                                                                                                                                                    Note : 2/10

   S’il y a un livre que j’ai détesté, c’est ce roman. Détesté au point de vouloir envoyer le livre dans le paysage, m’en débarrasser. Pas de chance, il appartenait à mon CDI. Le principe de ce livre est très simple : ennuyer le lecteur. « Moi, François de Salignac de la Mothe-Fénelon ait décidé d’ennuyer mon lecteur dans le but de lui apprendre à être gentil ». Nous n’en voulons pas à l’auteur, il ne voulait pas le publier son roman, en fait. Mais quand même, avoir produit un tel truc, on a envie de demander : tu t’es vu quand t’as bu ? Car Fénelon ne sait pas ce qu’est le style, il ne sait pas ce qu’est l’art, il ne sait pas qu’il faut intéresser le lecteur et être intelligent. Ceux qui croient que je déteste le classicisme se trompent. Le classicisme a eu ses auteurs, de très grands auteurs. J’adore Racine ! J’adore Corneille ! J’ai adoré lire La Princesse de Clèves et La Fontaine ! Mais je déteste Fénelon, et c’est vraiment une haine contre cet homme.

   Son livre n’est qu’un livre de morale, un livre contre l’art, contre le beau, un livre rude, qui n’arrivera jamais à égaler les merveilles de l’antiquité. Dans un chapitre, il va nous parler de la bonne société, où tous les peintres ne peignent que les grands hommes, où la musique ne doit pas être mauvaise mais rendre l’âme plus vertueuse (en plus, on se demande comment la musique peut inciter les gens à faire du mal), où les familles après être revenues des champs se mettent à chanter autours d’une table où sont posés des fromages les chansons qu’ils ont apprises en travaillant… Donc voilà, soyons fous, chantons les chansons de Perette l’éleveuse de dindons. Comme si l’art devait reproduire les grands hommes ! Comme s’il devait jouer au professeur de morale ! Je ne pense pas être le seul à avoir cet avis.

   Et qu’est ce que le roman traine ! Grand Dieu ! Il aurait pu quand même l’écrire en 200 pages, son roman. Mais non, on répète et on répète encore ce qu’on a déjà répété après l’avoir répété. C’est ce qui s’appelle faire de la ratatouille. Il répète tellement de choses, le Fénelon, qu’inconsciemment certaines phrases reviennent. Et vas-y que je te mettent encore un « Cependant » au début du paragraphe. Car les mots aussi reviennent. C’est la spécialité de Fénelon. Certains avait analysé cela comme, en quelque sorte, une impulsion fénelonienne. Moi je parlerai plutôt de dérapage stylistique. Je m’explique : si vous jetez un coup d’œil aux paragraphes dans le livre, vous verrez que la plupart commencent par : « Cependant ». Pas au premier chapitre. Au chapitre 2, on en a un seul. Mais le chapitre 13 en a un bon paquet. Fénelon fait la même chose avec le mot : « Pendant » (trompons le lecteur, enlevons une syllabe pour qu’il soit content). En fait plus on avance, plus Fénelon répète. Et d’autres mots de revenir, et cela au milieu du paragraphe, le mot « vertu », « vice », « méchant »… Fénelon se serait-il livré au bourrage de crâne ? Prenez le mot : « odoriférant ». Il est rare au début du livre, quasi inexistant. Puis arrive un moment (autours de l’épisode dans les Enfers) où il arrive, puis revient, puis revient encore. C’est que Fénelon apparemment ne surveille pas sa prose. On l’imagine écrire au fil de la plume, et à la fin, il se répète tellement que j’en ai eu marre. J’ai la manie de ne jamais lire une œuvre littéraire sans la finir. Et ben maudite manie.

   Et l’histoire est si peu intéressante, Télémaque de par son côté : « Je suis un petit jeunot, moi » est agaçant (vous trouvez naturel le fait qu’un jeune répète sans arrêt qu’il est jeune ? J’avais plus l’impression de voir un adulte parler d’un jeune qu’un jeune parler de lui-même), Mentor en faisant de l’amour un vice est tout aussi baffable… Bref, ce roman ne m’a pas fait passer de bons moments, je ne l’ai pas trouvé intéressant, je l’ai trouvé répétitif, sans réel style, maladroit… Mais après, c’est à vous de voir.

 

                                                                   531PX--1.PNG

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article